ZEVS ou les signes invisibles de la ville

ZEVS, du nom du RER qui a failli l’écraser lorsqu’à 12 ans le jeune Aghirre faisait innocemment ses premiers tags sur la voie ferrée, est un homme bien particulier. Nous l’avons rencontré à la Défense. Pas parce qu’il est écrit que tout ce qui pourrait se passer à Paris dans le film se passe à la Défense, plutôt parce que c’est un lieu qu’il a longtemps eu envie d’explorer. Pour celui qui détourne, ensanglante et liquéfie, selon ses propres mots, les signes du spectacle et du pouvoir depuis de si nombreuses années (avec une petite spécialisation industrie du luxe), La Défense, qui regroupe la majorité des sièges sociaux des plus grandes entreprises présentes sur notre territoire, ne peut laisser indifférent. Pour celui qui fige les ombres du mobilier urbain, zèbre la ville en cassant les perspectives des rues et des bâtiments avec de grands coups d’éclairs, la grande Arche, sa dalle et son ensemble architectural complexe ne peut, non plus, laisser indifférent.

La rencontre s’est donc faite tout naturellement pour le film, Place de l’Iris, à quelques pas de là où j’avais rencontré, quelques mois plus tôt, Monsieur Alain Damasio.
L’occasion pour lui de revenir également sur son travail, d’une qui n’appartient qu’à lui. Cette video paraît sombre uniquement parce que Zeus ne capte pas la lumière, certainement pas parce que la scène manque du luminosité.

Zevs est fasciné par l’invisible. Avec ses peintures invisibles, qu’il fabrique lui même à l’aide de substances secrètes si ce n’est interdites, il rejette une certaine idéologie du tag et du graffiti, fondé sur le martellement, la systématisation, dont il n’hésite pas à critiquer aujourd’hui la pollution visuelle et la récupération par les marques et les insitutions dont ils font l’objet. Il s’est créé un univers bien particulier, emprunt aussi bien de codes liées à la science-fiction qu’au film noir.

Kidnappings, demandes de rançons, il met en scène ses attaques visuelles depuis plusieurs années, comme le feraient des personnages d’Alan Moore. Par exemple le cas de la désormais célèbre affaire Lavazza, pour laquelle il a pris en otage le mannequin d’une immense publicité Lavazza, réclamant une rançon à son propriétaire.

 

Un peu comme un gamin qui ne cesse de poser la même question : Tu es sûr de ce que tu vois ? Oui ? Même au fond là, la nuit, hein ? Haha ! Au fond, qu’est-ce qu’il y a à voir, qu’est-ce qui est visible ? Hein dis ?

 

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